Archive for mars, 2018

Ceux qui suivent l’actualité le savent : le libre marché n’a jamais plu aux gouvernants ni aux intellectuels. Les uns et les autres ne manquent jamais une occasion de le condamner : à les entendre, le libre marché léserait en effet les ouvriers. Ce raisonnement a priori altruiste suffit à justifier à leur exécration naturelle du libre marché, qui a par ailleurs tendance à ne pas être sous leur contrôle. D’après eux, les pays pauvres seraient terrassés par l’inhumanité du libre marché et la vie de leurs habitants s’en retrouverait encore plus dégradée. Bien loin de moi l’idée de défendre ce point de vue, comme vous vous en doutez certainement. En fait, je vais même m’employer à la détruire. A l’occasion d’un colloque à Madrid il y a quelques jours, un participant s’est en effet évertué à démonter avec succès ce raisonnement bancal. Et comme il l’a clairement prouvé, cette affirmation est à des années-lumière de la réalité. Les citoyens des pays pauvres pâtissent en effet essentiellement d’un manque total de libre marché. Les plus défavorisés habitent en effet en majorité dans des régions où la possibilité de vivre comme ils le souhaitent leur est déniée par les autorités en place. Empêcher le libre marché est une façon d’empêcher la liberté. Et c’est bien pour cette raison que le libre marché est sauvagement réprimé dans des dictatures comme celle du Congo. Il est naturel qu’un gouvernement qui ne permet pas à son peuple de jouir de la possibilité de voter n’octroie pas à celui-ci la possibilité d’effectuer ses choix dans le libre marché ! Au cours de ce colloque, l’intervenant a même décidé d’aller plus loin dans sa réflexion, en signalant que le libre marché est au contraire clairement avantageux pour les populations défavorisées. Au sein du libre marché, la plupart des populations pauvres dans le monde vouent en effet aujourd’hui un budget plus faible à la nourriture qu’auparavant. Pour les pays pauvres ayant fait le choix du libre marché et permettant l’importation de produits, les citoyens profitent désormais non seulement d’une plus grande variété de produits, mais aussi à des prix bien plus abordables. Et ça, ce n’est pas vraiment ce qu’on appelle une façon de léser… Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du site internet sur ce séminaire en Espagne qui est très bien fait sur ce thème.

Les critères d’accès au logement social donnent des résultats sous-optimaux. Le taux de rotation des locataires dans le secteur du logement social est faible, entre 10 et 15 ans, contre environ 3 ans dans le secteur locatif privé. La situation financière des locataires de logements sociaux n’est pas réévaluée périodiquement pour vérifier s’ils ont toujours droit à de tels logements à plus faible coût (Cour des Comptes, 2017f). Comme 70 % de la population a le droit de demander un logement social, les listes d’attente sont longues (1,7 million de personnes en 2014) et seules certaines situations particulières entraînent un traitement prioritaire du dossier (Agence nationale pour l’information sur le logement). Par conséquent, l’offre de logement reste bloquée entre les mains des occupants en place et l’accès n’est pas toujours possible pour les personnes qui en ont le plus besoin. Les étudiants peuvent demander des aides au logement indépendamment des revenus de leurs parents, tandis qu’aucune préférence n’est accordée aux familles à faibles revenus avec des enfants en bas âge. Cela est particulièrement préoccupant, car les conditions de logement des enfants en bas âge peuvent avoir des incidences à long terme sur leur vie. L’insuffisance de l’offre est un défi pour la politique de logement. Le marché immobilier n’a pas connu de correction soudaine ou importante des prix après la crise de 2008. Pour les aspirants propriétaires, l’accès au logement est de plus en plus difficile, malgré une forte croissance du crédit pour l’achat de logements et une reprise du secteur de la construction, étant donné que les prix restent élevés et surévalués (Philiponnet et Turrini, 2017). En outre, les conditions d’accès aux régimes de crédit d’impôt destinés à faciliter l’accession à la propriété ne sont pas toujours bien définies, et aucune véritable analyse de leur efficacité n’a été réalisée. Les recours administratifs et les règlements en matière de construction, ainsi que le fait que des propriétaires ne développent pas des terrains constructibles au profit du logement, sont des obstacles à l’augmentation de l’offre de logement, notamment dans les zones qui connaissent des tensions sur ce plan. Enfin, la relation propriétaire-locataire est déséquilibrée, les locataires bénéficiant de davantage de protection juridique. Cela entraîne des taux d’inoccupation élevés des logements privés (INSEE, 2016a). Des modifications des différents éléments de la politique de logement pourraient contribuer à améliorer son efficience. Réduire les dépenses en aides au logement et réaffecter ces ressources à l’offre de logement pourrait améliorer la situation en matière de logement. Cela concerne en particulier les logements sociaux neufs dans les zones ayant une forte demande de logement et une offre insuffisante. En outre, des évaluations régulières et plus globales de la situation économique des locataires de logements sociaux, afin de mieux faire correspondre le besoin de logement et l’offre existante, pourraient améliorer l’accès au logement à moindre coût pour les personnes les plus défavorisées.

 

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avion castellet
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